Les trois principaux cadres légaux relatifs au handicap en Haïti désormais traduits en braille

Port-au-Prince, le 3 juin 2026 — Le Bureau du Secrétaire d’État à l’Intégration des Personnes Handicapées a présenté et soumis aux responsables des instances travaillant avec les personnes vivant avec un handicap, surtout une déficience visuelle, et l’UNFPA les trois principaux cadres légaux relatifs au handicap en Haïti qui sont désormais traduits en braille.

Nous voulons parler de la Convention relative aux droits des personnes handicapées, la loi portant sur l’intégration des personnes handicapées, la loi sur l’accessibilité universelle et l’environnement bâti. Le braille est un système d’écriture tactile à points saillants, à l’usage des personnes aveugles ou fortement malvoyantes.

L’IA pour rétablir l’autonomie financière

Le BSEIPH a par ailleurs fait état de l’utilisation de l’intelligence artificielle en Haïti afin de rétablir l’autonomie financière des personnes aveugles et malvoyantes.

Le Bureau du Secrétaire d’État à l’Intégration des Personnes Handicapées intervenait dans le cadre de la célébration de la Journée Caribéenne des Aveugles, avec l’appui de l’UNFPA, à Pétion-Ville, en Haïti, le 31 mai 2026.

Pour sensibiliser

Cette journée visait à sensibiliser sur le sort des gens vivant avec une déficience visuelle, a fait savoir le Directeur Exécutif du BSEIPH, M. Fénèl Bellegarde, qui s’exprimait au nom du Secrétaire d’État, M. Génard Joseph.

“ La déficience visuelle n’est pas une limite, ce sont les barrières qu’il faut briser”, a-t-il précisé en reprenant le thème de la journée.

Pour un déficient visuel, une barrière désigne aussi bien un obstacle physique sur son chemin qu’un obstacle à l’accessibilité (numérique, sociale ou de communication).

Les personnes vivant avec une déficience visuelle ne doivent plus être invisibles. Leur accès aux soins, à l’information, à l’éducation, à la protection contre les violences basées sur le genre, et à une vie digne et autonome doit devenir une priorité, comme le stipule la Convention Relative aux Droits des Personnes Handicapées.

Du chemin à faire

« Bien que des avancées notables aient été réalisées en Haïti – notamment avec l’adoption de la loi sur l’Intégration des Personnes Handicapées en 2012, la loi sur l’accessibilité universelle en 2018, et la ratification de la Convention Relative aux Droits des Personnes Handicapées – la lutte pour la pleine réalisation des droits des personnes vivant avec des déficiences a encore du chemin à faire », selon le Représentant de l’UNFPA en Haïti, M. Samir Anouti.

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, 1,3 milliard de personnes – soit 1 personne sur 6 dans le monde – sont atteintes d’un handicap important. Ces personnes font face à des obstacles constants dans leur vie quotidienne, n’accèdent pas de manière équitable à leurs droits fondamentaux et doivent surmonter des défis en vue de leur plein épanouissement. Cependant, la construction d’une société accessible à toutes et à tous est possible à partir d’une volonté collective et inclusive.

Pour un Haïti inclusif

En Haïti, les personnes aveugles et malvoyantes, en particulier les femmes, les jeunes filles et les adolescentes, affrontent de nombreux obstacles : accès limité aux soins de santé, y compris aux services de santé sexuelle et reproductive, difficulté d’accès à l’information et marginalisation.

Construire un Haïti plus inclusif, plus juste et plus humain est un devoir de tous les acteurs nationaux et internationaux. C’est un devoir que nous avons toutes et tous, en tant qu’acteurs du développement, décideurs, éducateurs, partenaires techniques et financiers.

Des mesures à prendre

Il faut prendre des dispositions dans le domaine éducatif, estime la Présidente de l’Organisation des Handicapés en Action pour le Progrès (OHAP), Mme Emmanuela Beaupin.

« L’école doit être accessible et inclusive. Les écoles et les universités doivent avoir des matériels didactiques appropriés. Les professeurs doivent participer à des formations sur la maîtrise des documents en braille. Il faut prévenir et empêcher l’attitude de stigmatisation par certaines personnes à l’égard des déficients visuels », a ajouté Mme Beaupin.

Selon M. Brunel Saül, employé de la Comission d’Association Scolaire et d’Appui Social (CASAS) au niveau du MENFP, « 19450 aveugles ne vont pas à l’école dans six départements d’Haïti ».

Il dénonce l’appauvrissement de nombreuses personnes aveugles en raison de l’insécurité. Plusieurs personnes aveugles prennent en charge seules leurs enfants après avoir été auparavant violées.

Des personnes handicapées dans la fonction publique

Il s’est dit en revanche encouragé par l’intégration de plusieurs personnes handicapées, dont des personnes aveugles, dans la fonction publique et dans d’autres entités nationales à la suite d’un accord conclu avec le Ministère de la Santé Publique et de la Population.

Source : UNFPA Haïti